C'est un court-métrage signé par
un nommé Geert Wilders, député néerlandais
d'extrême-droite du Parti de la liberté (Partij
voor de Vrijheid). Tout
d'abord diffusé sur le site d'échange Liveleak.com
- qui a mis en avant la
liberté d'expression -, le brûlot a finalement
atterri sur YouTube hier,
jeudi 27 mars au soir.
Pendant 17 minutes, l'auteur qui, estime que le Coran devrait être
interdit
au même titre que Mein Kampf , tente de démontrer
ce qu'il appelle le «
caractère fasciste » du texte religieux. Fitna (en
arabe : « division et
discorde au sein de l'islam ») mêle notamment des
images violentes
d'attentats terroristes (New York, Madrid), des exécutions
dans des pays
musulmans non identifiés et des lectures de textes du
Coran.
YouTube a restreint l'accès à la vidéo
(il faut s'inscrire et confirmer
avoir plus de 18 ans) et avertit que certaines scènes peuvent être
offensantes et déconseillées aux mineurs. La diffusion
de cette vidéo, à la
veille de la prière du vendredi, très importante
dans le monde musulman,
apparaît comme une provocation et a déjà suscité de
très vives réactions. Le
Gouvernement des Pays-Bas s'est dit inquiet des répercussions
d'un tel
brûlot, en matière de sécurité ou d'économie.
Le Bangladesh, un pays musulman laïc, a condamné cette
vidéo ce vendredi 28
mars « dans les termes plus plus forts » , dénonçant
un « acte totalement
insensé et complètement injustifié pouvant
avoir de graves conséquences » .
Des médias jordaniens ont annoncé qu'ils allaient
intenter un procès à Geert
Wilders devant la justice de leur pays. En France, Dalil Boubakeur,
recteur
de la Mosquée de Paris et président du CFCM (Conseil
français du culte
musulman), a indiqué que ce sujet était à l'ordre
du jour de la prochaine
réunion du conseil d'administration de son organisation,
prévue ce dimanche.
Enfin, depuis le Danemark, Kurt Westergaard, auteur de l'une des
caricatures
controversées du prophète Mahomet, a annoncé qu'il
allait lui aussi porter
plainte pour violation des droits d'auteur contre le député
d'extrême-droite. « Je ne peux pas accepter que
mon dessin soit pris hors du
contexte original et utilisé dans un contexte entièrement
différent », a
indiqué le caricaturiste, interrogé par l'AFP.